Biographie

Après des études de philosophie et un diplôme des Beaux-Arts de Paris, j’ai entrepris une carrière de sculpteur et de peintre. Jusqu’en 2013, ma démarche est essentiellement abstraite, inspirée par le monde mécanique et un travail très complexe de la couleur.
En 1995, j’ai commencé à réinvestir le monde du vivant avec la série « Boyaux », qui abordait le corps humain à travers ses viscères, en écho à la représentation très mécanique qu’en avait faite Descartes. J’ai alors dessiné des escargots, sans jamais reproduire leur coquille, ainsi que des légumes aux formes indistinctes, comme les topinambours.
En 2017, j’ai repris mes amours de jeunesse : les mains. J’ai choisi de représenter des mains de poissonniers ou de garagistes. J’ai poursuivi cette série en 2022, à l’occasion de l’exposition « Régalade 2 », en réalisant de grands collages.
De 1996 à 2006, j’ai animé un atelier de peinture en détention, ce qui m’a conduit à reprendre le dessin de portraits. À partir de 2013, la figure humaine s’est imposée peu à peu, jusqu’aux grands portraits humanistes de gens ordinaires que j’ai collés dans les rues de Paris. La première série, « Anti Casting », représentait des habitants d’un marché en Picardie. J’ai aussi dessiné les attitudes étranges des touristes prenant des photos dans les lieux emblématiques de Paris, puis j’ai collé ces dessins dans les mêmes lieux pour observer les touristes se prenant en photo devant leurs propres représentations.
En 2014, la série « Salade Marseillaise » est née d’un mélange de personnages descendant la Canebière à Marseille. Certains dessins ont été collés à Ménilmontant, d’autres exposés lors d’interventions scolaires sur les thèmes de l’exclusion et de la tolérance.

En 2018, j’ai commémoré à ma façon la fin de la Première Guerre mondiale en réalisant un grand collage de dessins de mes « gueules cassées » sur les blockhaus des plages du Débarquement.
Avec une volonté de montrer l’extraordinaire de l’ordinaire, j’ai peint des personnes en situation de handicap lors d’une répétition théâtrale de l’association Zigzag. Outre l’exposition que cela a engendrée, j’ai réalisé de nombreux collages à Paris et à Vauréal.
En 2023, témoin d’une scène de nettoyage urbain et alerté par un appel du collectif Le Revers de la Médaille, dénonçant le nettoyage social mis en place en vue des Jeux Olympiques, j’ai commencé une série de grands dessins et décidé de la diffuser sous forme d’affiches. C’est ainsi qu’est né le projet « Do Not Disturb ». Avec l’aide de nombreux amis, j’ai collé une soixantaine de grandes reproductions dans les rues de Paris durant l’été 2024.
Épuisé par l’émotion suscitée par ces portraits de « gisants », et après une rencontre presque fortuite avec La Grande Touffe d’herbe de Dürer, je suis resté symboliquement sur le trottoir. J’ai alors commencé un travail sur ce que l’on appelle, à tort, les « mauvaises herbes ».
Je suis un artiste engagé dans la représentation des réalités sociales et sociétales. Je m’efforce de faire apparaître, dans mes dessins et peintures, les réalités ordinaires de la diversité humaine.
L’action sociale a presque toujours accompagné mon travail artistique. Je suis intervenu en milieu carcéral, scolaire et psychiatrique.